Biographie

Rémy Butler est architecte, urbaniste, professeur titulaire d’architecture à l’ENSAPVS (Paris Val de Seine), architecte-conseil de l’Etat et membre de l’Académie d’Architecture.

Il a consacré sa carrière à l’architecture publique sous toutes ses formes : Clinique de la Sagesse à Rennes, Lycée Stanislas à Nancy, Palais de Justice d’Epinal, Cité de l’Eau à Publier, liaison Orlyval, Bâtiment 1er cycles de l’Université d’Evry, Maison d’Arrêt de Brest, Institut d’Urbanisme de Paris, Hôpitaux mère-enfant à Nantes, Niort, Auxerre, Mulhouse, Hôpital universitaire vétérinaire d’Alfort.

Tout au long de son parcours, il assure des missions de conseil auprès de la MIQCP, du Comité d’Organisation des Jeux Olympiques d’Albertville et de la Direction des Routes, organisant à cette occasion la consultation du Viaduc de Millau. Actuellement, il exerce cette fonction auprès du Ministère de l’Egalité des Territoires et du Logement.

Il a publié De la cité ouvrière aux grands ensembles chez Maspéro et Le logement social en France à la Découverte, avec Patrice Noisette, Héritage en projet, un projet d’héritage et Ouvrage d’art et grand paysage dans la revue La Pierre d’Angle, L’Architecture du plateau technique dans Le plateau technique médical à l’hôpital aux éditions Eska, Les travaux de l’agence Rémy Butler aux éditions Archibooks et Réflexion sur la question architecturale, à paraître aux Belles Lettres.

A quoi pense l’architecture ?

J’ai consacré l’ensemble de ma carrière aux constructions publiques sous ses formes les plus diverses, de l’hôpital à l’école maternelle. Ces édifices ont une mission politique, ils figent l’expression des pouvoirs et reflètent l’image qu’une société se donne d’elle-même.

La principale vertu de l’architecture est sa pérennité et le devoir de transmission qui en découle. Car la permanence du bâti l’oblige à signifier.

Édifier, c’est se rendre maître du temps, s’en extraire en oblitérant le déjà-là. Édifier, c’est assigner la place de l’espèce humaine dans le monde. Il me semble que la conscience de cette responsabilité « cosmogonique » fait défaut à la compréhension de l’architecture de nos jours.

Aujourd’hui, le malaise qui caractérise notre postmodernité occidentale lorsqu’il s’agit d’énoncer, de faire sens, s’exprime naturellement dans l’architecture par le déclin de la fonction symbolique. La lecture du Junkspace de Rem Koolhaas, qui décrit d’une plume acérée l’ensemble des phénomènes qui concordent à la disparition du statut d’auteur de l’architecte, suffit à nous en convaincre. Sa critique des espaces produits par le monde contemporain vise à la fois la taille démesurée des bâtiments, la dilution de la responsabilité, la difficulté d’énonciation qui en résulte et l’artificialisation du monde par le développement des techniques. Penser, repenser, comprendre, est une urgence.

Pour ne pas céder au vertige nihiliste qui nous saisit face à un tel constat, il faut se souvenir du pacte passé entre l’architecture et l’humanisme à la Renaissance, quand l’homme projetait son corps, ses idées et les croyances qui le transcendaient dans l’édifice. Il faut rechercher, dans ses fondations, ce qui fait de l’architecture un crédo d’humanité.